GR 54 - Le tour de l’Oisans et des Écrins
Le tour complet du massif des Écrins par ses cols : une boucle de 194 km au départ du Bourg-d'Oisans, en 13 étapes et 14 cols, pour environ 12 000 m de dénivelé positif jusqu'au col de l'Aup Martin, point culminant à 2 761 m.
This guide is written with the help of artificial intelligence, based on researched and verified routes.
Présentation
Le GR 54 fait le tour complet du massif des Écrins, à cheval sur l'Isère et les Hautes-Alpes, au sud-est de Grenoble — le massif le plus méridional des Alpes à dépasser les 4 000 m, avec la barre des Écrins (4 102 m) et la Meije (3 983 m). Protégé depuis 1973 par le parc national des Écrins, dont la zone cœur n'abrite aucun village permanent, le massif compte une quarantaine de glaciers et près de 4 150 espèces animales et végétales recensées. Imaginé par le guide Roger Canac et homologué en 1964, l'itinéraire relie des chemins que les habitants des vallées empruntaient depuis des siècles pour passer d'un versant à l'autre : là où d'autres grands itinéraires contournent les obstacles, le GR 54 les franchit, col après col. En treize jours, il fait alterner les alpages humides de l'Oisans, les vallées sèches du Briançonnais, et les gorges sauvages du Valgaudemar et du Valjouffrey.
Profil et infos clés
- Point de départ / arrivée : Le Bourg-d'Oisans, à 719 m — boucle fermée, retour au point de départ
- Point culminant : le col de l'Aup Martin, à 2 761 m, franchi à l'étape 6
- Distance totale : environ 194 km, en 13 étapes et 14 cols
- Dénivelé cumulé : environ 12 000 m positif et autant en négatif
- Étape la plus exigeante : étape 6, Vallouise → refuge du Pré de la Chaumette — le col de l'Aup Martin et le pas de la Cavale franchis coup sur coup, sur des schistes délités (1 621 m de montée)
Niveau et effort
Le GR 54 ne demande aucune compétence alpine au sens strict — ni corde, ni glacier, ni escalade — mais il exige de tenir treize jours à un rythme soutenu, avec plusieurs journées qui enchaînent deux cols au-dessus de 2 500 m. La difficulté réelle tient à la nature du terrain : la bordure schisteuse du massif, franchie notamment à l'Aup Martin, au pas de la Cavale et au col de la Vaurze, offre des versants délités, instables et raides qui glissent sous le pied à la montée comme à la descente, en particulier avec de la neige résiduelle jusqu'à la mi-juillet. Certains cols, comme celui de la Muzelle, se terminent en éboulis raide où les crampons légers se justifient en début de saison. Le parcours traverse une large part de la zone cœur du parc national, ce qui conditionne strictement l'hébergement et le bivouac.
Itinéraire, étape par étape
Le GR 54 est une boucle fermée, décrite ici dans le sens horaire depuis Le Bourg-d'Oisans, comme le recommande le parc national — ce sens réserve les cols les plus délicats au milieu du parcours, une fois la mise en jambes faite.
- Étape 1 — Le Bourg-d'Oisans → Clavans-le-Bas (21,5 km, +1 453 m) — La plus longue montée du parcours sans échauffement, par les lacets de l'Alpe d'Huez jusqu'au col de Sarenne (1 999 m).
- Étape 2 — Clavans-le-Bas → Les Mouterres (9,6 km, +1 053 m) — Montée continue vers le plateau d'Emparis, face à la Meije et au glacier de la Girose.
- Étape 3 — Les Mouterres → Alpe de Villar-d'Arène (23,1 km, +1 072 m) — La plus longue étape du tour : détour possible aux lacs Lérié et Noir, descente sur La Grave, puis remontée aux sources de la Romanche.
- Étape 4 — Alpe de Villar-d'Arène → Le Monêtier-les-Bains (12,9 km, +294 m) — La seule journée de récupération du tour, via le col d'Arsine (2 340 m) et son lac glaciaire turquoise.
- Étape 5 — Le Monêtier-les-Bains → Vallouise (21,7 km, +995 m) — Le col de l'Eychauda (2 425 m) sépare la Guisane de la Vallouise, dernier gros village avant la partie la plus exigeante du tour.
- Étape 6 — Vallouise → Refuge du Pré de la Chaumette (24,3 km, +1 621 m) — L'étape reine du GR 54 : le col de l'Aup Martin (2 761 m) et le pas de la Cavale (2 735 m) franchis coup sur coup, sans repli possible entre les deux.
- Étape 7 — Pré de la Chaumette → Lac de Vallonpierre (10,9 km, +1 162 m) — Trois cols de schiste enchaînés (Valette, Gouiran, Vallonpierre) jusqu'au lac de Vallonpierre, au pied du Sirac.
- Étape 8 — Lac de Vallonpierre → La Chapelle-en-Valgaudemar (13,9 km, −1 218 m) — Longue descente le long de la Séveraisse, dans une vallée si encaissée qu'on la surnomme le petit Népal.
- Étape 9 — La Chapelle-en-Valgaudemar → Refuge des Souffles (10,0 km, +975 m) — Montée régulière par Villar-Loubière, à travers prairies de fauche et landes à myrtilles.
- Étape 10 — Refuge des Souffles → Le Désert-en-Valjouffrey (11,0 km, +639 m / −1 330 m) — Le col de la Vaurze (~2 500 m) ouvre sur le Valjouffrey, la vallée la plus sauvage du tour.
- Étape 11 — Le Désert-en-Valjouffrey → Valsenestre (11,5 km, +1 025 m) — Le col de Côte Belle (~2 290 m), vert et doux, puis un cirque fermé jusqu'au hameau minuscule de Valsenestre.
- Étape 12 — Valsenestre → Lac de la Muzelle (9,0 km, +1 293 m) — Ascension la plus concentrée du parcours, par un éboulis raide jusqu'au col de la Muzelle (2 613 m).
- Étape 13 — Lac de la Muzelle → Le Bourg-d'Oisans (19,4 km, −1 900 m) — Le col du Vallon (~2 530 m) puis une descente interminable, la plus rude pour les genoux, jusqu'au point de départ.
Bon à savoir
- En zone cœur du parc national des Écrins, le camping est interdit et le bivouac n'est autorisé que de 19 h à 9 h, à plus d'une heure de marche des limites du cœur et de tout accès routier — feu, chiens et cueillette interdits.
- Aux lacs du Lauvitel et de la Muzelle, le bivouac n'est autorisé qu'en zones désignées à partir du 1er juin ; la réserve intégrale du Lauvitel est totalement fermée au public.
- Réservation indispensable en juillet-août pour les refuges du Pré de la Chaumette, de Vallonpierre et de la Muzelle, ainsi que le gîte de Valsenestre, unique hébergement de son hameau — plusieurs semaines à l'avance en haute saison.
- Le col de l'Aup Martin et le pas de la Cavale (étape 6) sont qualifiés d'extrêmement raides par le parc, souvent enneigés jusqu'à mi-juillet : partir au plus tard à 6 h, et prendre la variante GR 54A par la vallée du Fournel en cas de neige, de brouillard ou d'orage annoncé.
- Le col de la Muzelle (étape 12) conserve un névé tard en saison : des crampons légers se justifient en juin et début juillet.
- Les marcheurs rapides regroupent certaines étapes pour boucler le tour en 9-10 jours ; le découpage en 13 étapes correspond au tracé officiel du parc national et à l'implantation des hébergements.
Le GR 54 ne se raconte pas par ses chiffres, même s'ils impressionnent. Ce qui reste, après treize jours, ce n'est pas le total de dénivelé : c'est la sensation d'avoir fait le tour de quelque chose. Un massif entier, contourné à pied, dont on a vu toutes les faces. Ce que ce tour enseigne dépasse la randonnée : la patience, le renoncement quand un col se refuse, et la sobriété — treize jours avec douze kilos suffisent à faire comprendre ce dont on a réellement besoin. Bonne route, bon vent !
