GR 21 - Le sentier des falaises
Le sentier des falaises : 190 km au bord des falaises de Normandie en 9 étapes et 2800 m de dénivelé positif cumulé. Il faudra prévoir 9 jours pour arriver à la fin de ce GR.
This guide is written with the help of artificial intelligence, based on researched and verified routes.
Présentation
Le GR 21 longe le littoral de la Seine-Maritime sur près de 192 km, du Havre au Tréport, en suivant presque sans interruption la Côte d'Albâtre — une falaise crayeuse continue, haute de 60 à 110 m, entaillée à intervalles réguliers par des valleuses, ces vallées sèches suspendues qui redescendent brutalement au niveau de la mer. Entre deux valleuses, le sentier court sur le plateau du pays de Caux, un damier de champs cerné de clos-masures. Le parcours passe au pied des arches d'Étretat, peintes par Monet, traverse Fécamp et son palais Bénédictine, longe l'église marine de Varengeville où repose Georges Braque, puis franchit Dieppe, théâtre du raid canadien d'août 1942. Homologué en 1977, le GR 21 a été élu GR préféré des Français en 2020.
Profil et infos clés
- Point de départ : Le Havre (5 m)
- Point d'arrivée : Le Tréport (8 m) — itinéraire linéaire, sans boucle de retour
- Point le plus haut : 131 m, sur le plateau du pays de Caux entre Gonneville-la-Mallet et Le Tilleul
- Distance totale : environ 191,5 km, en 9 étapes
- Dénivelé cumulé : environ 2 792 m positif et autant en négatif — la répétition de dizaines de descentes en valleuse plutôt qu'un relief marqué
- Étape la plus exigeante : Étape III, Étretat → Fécamp — 17 km et 490 m de dénivelé positif, la section la plus découpée du parcours
Niveau et effort
Le GR 21 ne présente aucun passage technique : pas de câble, pas de pierrier, pas de névé, aucune section demandant l'usage des mains. La difficulté réelle est de trois ordres. D'abord l'accumulation : cinq à huit montées de 60 à 100 m par jour, répétées neuf jours de suite, pèsent sur les cuisses et les genoux bien plus qu'un col unique de même dénivelé. Ensuite l'exposition : aucun abri naturel contre le vent d'ouest, qui souffle en moyenne trois jours sur quatre. Enfin l'adhérence : les descentes de valleuse se font souvent sur une pente herbeuse courte, glissante après la pluie, ce qui justifie l'usage des bâtons. Praticable toute l'année grâce au climat océanique normand, le GR 21 n'a pas de fenêtre saisonnière obligatoire, contrairement à un GR de montagne — mai-juin et septembre restent les périodes les plus agréables.
Itinéraire, étape par étape
Le GR 21 est linéaire, découpé ici en 9 étapes de 10 à 32 km, calées sur les localités disposant d'un hébergement.
- Étape I — Le Havre → Gonneville-la-Mallet (32 km, +130 m) — La seule journée qui tourne le dos à la mer, par la forêt de Montgeon et le pays de Caux intérieur. Peu de dénivelé mais la plus longue distance du parcours ; hébergement rare à Gonneville, à réserver tôt.
- Étape II — Gonneville-la-Mallet → Étretat (13 km, +340 m) — L'étape où le GR 21 rencontre enfin la mer, avec l'arrivée sur les falaises d'Étretat, la Manneporte et l'Aiguille.
- Étape III — Étretat → Fécamp (17 km, +490 m) — La plus belle étape du parcours et la plus exigeante rapportée à sa longueur : dents de scie de valleuses jusqu'au cap Fagnet, point haut du littoral, avant de plonger sur Fécamp.
- Étape IV — Fécamp → Veulettes-sur-Mer (32 km, +430 m) — L'étape la plus longue et la plus solitaire, avec les valleuses préservées des Grandes et Petites Dalles ; ravitaillement rare, à préparer depuis Fécamp.
- Étape V — Veulettes-sur-Mer → Veules-les-Roses (23 km, +280 m) — Contournement de la centrale de Paluel, puis Saint-Valery-en-Caux et son port, jusqu'au village classé de Veules-les-Roses.
- Étape VI — Veules-les-Roses → Quiberville (15,5 km, +200 m) — La journée la plus douce, entre plateau cultivé (champs de lin en fleur mi-juin) et front de mer.
- Étape VII — Quiberville → Dieppe (18,5 km, +480 m) — Courte mais nerveuse et la plus dense en patrimoine : cap d'Ailly, église de Varengeville et ses vitraux de Georges Braque, jusqu'à Dieppe.
- Étape VIII — Dieppe → Criel-sur-Mer (30 km, +290 m) — Retour aux longues distances, avec le contournement de la centrale de Penly et les valleuses encaissées de Biville-sur-Mer.
- Étape IX — Criel-sur-Mer → Le Tréport (10,5 km, +152 m) — Étape de récupération et arrivée sur Le Tréport, la plus courte du parcours.
Bon à savoir
- Le camping et le bivouac sont strictement interdits sur tout le domaine public maritime (plages, estran, cordon de galets), sous peine d'amende — sans exception ni tolérance saisonnière. Le bord de falaise est lui aussi interdit par arrêté municipal, pour des raisons de sécurité autant que de réglementation.
- La falaise est instable et recule d'une vingtaine de centimètres par an : le sentier de haut de falaise est régulièrement fermé après un éboulement, notamment entre Étretat et Bénouville. Une barrière ou un panneau prime toujours sur le balisage et sur la trace GPS.
- Étretat en juillet-août est le point noir des réservations : hébergements complets plusieurs semaines à l'avance. Gonneville-la-Mallet, fin de la première étape, est un simple village avec une offre très limitée — c'est la réservation à faire en premier.
- Les campings municipaux du littoral n'ouvrent en général que d'avril à mi-octobre ; hors saison, se rabattre sur les hôtels et chambres d'hôtes.
- La Côte d'Albâtre est une voie de migration majeure pour les oiseaux : rester sur le sentier balisé, ne jamais s'approcher du bord pendant la période de nidification (mars à juillet), et observer les phoques à 300 m minimum.
- Le parcours se fractionne facilement grâce à un réseau de gares et de bus littoraux dense ; les étapes VI et IX, plus courtes, peuvent être fusionnées avec leur voisine pour ramener le trek à 7-8 jours.
Il y a quelque chose de déroutant, la première fois, à marcher neuf jours sans jamais dépasser cent trente et un mètres d'altitude. On part en se disant que ce sera facile, et l'on découvre au troisième jour que la falaise a sa propre façon d'user : non par l'altitude, mais par la répétition. Cette falaise recule d'une vingtaine de centimètres par an : le sentier que vous emprunterez ne sera plus tout à fait le même dans dix ans. On ne négocie pas avec la craie, ni avec la marée, ni avec le vent d'ouest. On s'adapte, ou l'on attend. Bonne route, bon vent !
